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L'ECMO au CHR Liège

18/06/2018

L'unité de soins intensifs du CHR Liège accueille de nombreux patients qui présentent des pathologies cardio-vasculaires aiguës aussi sévères que variées (syndrome coronarien, choc cardiogénique, pathologies urgentes de l’aorte, arythmies graves, arrêt cardiaque récupéré, complications cardiaques des patients traumatisés, etc.) mais aussi les patients qui ont bénéficié d’une chirurgie cardiaque. Nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe de cardiologues (interventionnels), les chirurgiens cardio-vasculaires, les anesthésistes-réanimateurs, et les infirmiers-perfusionistes de l’institution.

Mécanismes de l'ECMO
Une instabilité hémodynamique peut être causée par différents mécanismes comme une dysfonction cardiaque (dysfonction ventriculaire gauche systolique et/ou diastolique, dysfonction ventriculaire droite) ou une vasoplégie. L’échographie cardiaque permet fréquemment de préciser le diagnostic.
Les patients qui présentent une pathologie cardiovasculaire aiguë sont étroitement surveillés et notre unité de soins intensifs dispose pour ce faire d’un monitoring sophistiqué (PICCO, cathéters de Swan-Ganz, ...) ainsi que des derniers traitements et technologies de support.
Ainsi, notre service de soins intensifs maîtrise l’ECMO (Extra Corporeal Membrane Oxygenation), un dispositif de circulation extra-corporelle miniaturisé, destiné à assister les patients dont le pronostic vital est compromis à brève échéance en raison soit d’une insuffisance respiratoire réfractaire, soit d’un choc cardiogénique.

Gagner du temps
Cette technique permet un support circulatoire - en cas de défaillance cardiaque, ou respiratoire - en cas de défaillance pulmonaire. Le but du dispositif n’est pas de traiter l’étiologie de la défaillance d’organe, mais de stabiliser le patient et d’assurer la perfusion et l’oxygénation de ses organes jusqu’à ce qu’un traitement curatif manifeste ses effets ou que l’organe défaillant récupère. On parle ainsi de «bridge to recovery» (récupération de la fonction cardiaque du patient) ou de «bridge to transplantation» (relais en attendant qu’une transplantation cardiaque soit possible). Si à l’ECMO succède l’implantation d’un ventricule gauche artificiel temporaire (LVAD), on parlera de «bridge to device».
Grâce aux progrès techniques (miniaturisation des dispositifs, matériaux biocompatibles, technique d’insertion percutanée des canules), l’implantation par une équipe entraînée de cet outil d’assistance circulatoire est maintenant relativement simple et rapide. Des patients sont ainsi canulés puis «mis sous ECMO» aux urgences, en salle de coronarographie ou aux soins intensifs.
En revanche, le management des patients sous assistance circulatoire reste un vrai challenge quotidien. Certains patients vont rester plusieurs semaines sous circulation extra-corporelle. La prévention et la gestion des complications telles que les hémorragies, les événements thrombo-emboliques, les ischémies de membres et les problèmes liés aux canules demandent alors des compétences qui ne s’acquièrent que par l’expérience. Le Dr Sabrina Joachim, cardiologue-intensiviste du service, a effectué en 2016 un stage de plusieurs mois à l’Institut Cardiologique de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, centre pionnier dans le domaine de l’assistance circulatoire. Cette expertise est désormais disponible à Liège et partagée avec l’équipe des soins intensifs du CHR, pour le plus grand bénéfice des patients de la région.

Auteurs : Dr S. Joachim