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La douleur chronique, un syndrome multidimensionnel

01/10/2019

On parle de douleur chronique lorsque la douleur dure au-delà de ce qui est habituel pour la cause initiale présumée, notamment si elle évolue depuis plus de trois mois. Il s’y associe une altération croissante des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient dans ses activités.

On peut distinguer trois types de douleur chronique en fonction du mécanisme causal :
  • la douleur par excès de nociception : douleur liée à une stimulation excessive et persistante des nocicepteurs.
  • la douleur neuropathique : douleur liée à une maladie ou une lésion affectant le système somato-sensoriel.
  • la douleur nociplastique ou dysfonctionnelle : douleur liée à un dysfonctionnement des contrôles de la douleur
  • sans lésion identifiée.
Lorsqu’elle devient chronique, la douleur perd son rôle de signal d’alarme et elle devient une maladie en tant que telle, qu’elle qu’en soit la cause. Son évaluation et sa prise en charge doivent s’envisager selon un modèle bio-psycho-social. L’implication du patient dans la compréhension de ce qui lui arrive et sa façon d’y réagir sont fondamentales.

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Voici quelques signes cliniques d’alerte du syndrome douloureux chronique :
  • résistance à l’analyse clinique et au traitement a priori bien conduit et suivi,
  • composante anxieuse, dépressive ou autres manifestations psychopathologiques,
  • interprétations ou croyances du patient éloignées des interprétations du médecin concernant la douleur, ses causes, son retentissement ou ses traitements.
Depuis 2013, le centre de la douleur du CHR Liège est reconnu comme centre multidisciplinaire pour le traitement de la douleur chronique. Nous intervenons en deuxième ligne, à la demande du médecin généraliste ou spécialiste. La prise en charge repose d’abord sur une démarche évaluative puis sur un traitement, souvent multimodal, dont l’objectif est réadaptatif. Il ne s’agit en aucun cas d’un abandon de la prise en charge par le médecin adressant le patient, mais d’une collaboration.

Le centre de la douleur chronique collabore avec différents services au sein de l’hôpital, notamment avec les soins palliatifs, la médecine physique et l’école du dos, la gynécologie (pour les douleurs pelviennes), la neurologie, la neurochirurgie, l’hématologie (pour le suivi de la drépanocytose), et l’équipe algologique. Cette équipe multidisciplinaire intra-hospitalière est responsable de la sensibilisation à l’évaluation et la prise en charge de la douleur.