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Le surpoids et l’obésité, maladies des temps modernes

10/04/2018

Le  surpoids et l’obésité sont devenus un problème de santé publique. Une véritable épidémie mondiale touche tant les pays développés que les pays en voie de développement.
D’après les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé, la prévalence a doublé depuis 1980. En 2014, on dénombrait 70 % de patients en surpoids et 35 % d’obèses  aux USA. La Belgique n’est pas en reste car elle détient la prévalence la plus élevée d’Europe avec 22 % d’obèses et 66 % de personnes en surpoids.


Dr Meta Célestine Mbuyamba

L’obésité est une maladie chronique qui remet en cause le bien-être physique (complications somatiques), psychologique (dépression) et social (discrimination de l’individu). Elle s’accompagne d’une augmentation de la masse grasse.
Afin de définir l’obésité, on s’appuie sur un indice, l’indice de Quételet ou BMI (Body Mass index) : poids/taille².  On parle d’obésité lorsque le BMI est supérieur à 30 kg/m². Elle résulte d’un déséquilibre de la balance énergétique avec des apports supérieurs à la dépense énergétique.

Causes et conséquences

Les causes sont multiples et dépendent d’un mélange subtil entre l’environnement et la génétique. On parle d’hétérogénéité de l’obésité avec des réponses variables aux différents traitements. En effet, deux personnes avec un excès pondéral ne répondent  pas de la même manière à un régime hypocalorique ou à la chirurgie.
Les conséquences de l’obésité sont multiples également avec apparition de comorbidités ou pathologies associées comme le diabète, les dyslipidémies, les maladies cardiovasculaires, le syndrome d’apnée du sommeil, ...


Prise en charge multidisciplinaire

L’obésité est une maladie complexe qui demande une prise en charge par une équipe multidisciplinaire : médecins interniste et nutritionniste, infirmière, diététicienne, psychologue, chirurgien et kinésithérapeute.
Le traitement est basé avant tout sur des modifications du style de vie. L’objectif pondéral doit être raisonnable (10 % de moins par rapport au poids initial), l’essentiel étant d’encourager le plus grand nombre à adopter une alimentation saine  et variée avec l’aide d’une diététicienne d’une part et de l’autre la pratique d’une activité physique régulière. Il est recommandé de proposer 30 minutes d’une activité modérée tous les jours. Les kinésithérapeutes peuvent être d’une grande aide pour les plus sédentaires. Ils peuvent ainsi travailler le renforcement musculaire et le reconditionnement en petit groupe afin d’éviter toute blessure.
A souligner aussi, le travail des psychologues en soutien individuel ou sous forme de table ronde lorsqu’il existe des troubles du comportement alimentaire.
Dans le traitement conventionnel, c’est-à-dire non chirurgical, on peut avoir recours à des médicaments comme le Liraglutide 3 mg (Saxenda ®) en injection sous-cutanée. Initialement, il s’agit d’un médicament utilisé dans le traitement du diabète de type 2 et qui a montré une efficacité dans la perte de poids. Son point faible reste son prix (environ 240 euros pour un mois).
Par ailleurs, il existe aussi des techniques non chirurgicales comme le ballon intragastrique, le stimulateur intragastrique ou l’aspireAssist® (sonde de vidange gastrique).


Chirurgie bariatrique

En cas d’échec du traitement conventionnel, la chirurgie bariatrique peut être proposée aux patients avec une obésité sévère. En effet, elle a montré une amélioration de la qualité de vie et a un impact positif sur les maladies associées sur le long terme.
 A l’heure actuelle, on distingue deux procédures, la sleeve gastrectomie et le by-pass gastrique. L’anneau gastrique a été abandonné. La première technique est restrictive uniquement et est adaptée aux patients qui mangent de gros volumes. La seconde technique est restrictive et malabsorptive et est souvent réservée aux patients qui souffrent d’une obésité très sévère avec syndrome métabolique. Par ailleurs, le comportement alimentaire peut aussi influencer le choix de la technique.
Les patients sont sélectionnés avec soin, en fonction des critères établis (BMI > 35 avec HTA instable et/ou diabète et/ou avec un syndrome d’apnée du sommeil ou BMI > 40 avec ou sans comorbidités). Une équipe multidisciplinaire évalue chaque futur candidat à la chirurgie avec un avis rendu à la COM (réunion d’équipe).
La prise en charge postopératoire est essentielle afin de prévenir les complications chirurgicales ou les complications liées aux carences vitaminiques. Le suivi est assuré par l’ensemble de l’équipe avec un agenda précis.


A retenir

Pour conclure, l’obésité est une maladie complexe qui entraîne de nombreuses complications. La prise en charge est difficile et longue. Elle nécessite une équipe multidisciplinaire.
La base du traitement consiste à modifier le style de vie. Malgré cela, il existe une véritable épidémie mondiale.
La chirurgie a montré une efficacité à long terme avec amélioration de la qualité de vie et des maladies associées. Le suivi postopératoire régulier est essentiel afin d’éviter les complications liées aux carences et les complications chirurgicales.
Le centre de la nutrition et de la chirurgie de l’obésité du CHR Liège, sur le site Sainte-Rosalie, permet la prise en charge des patients obèses par une équipe multidisciplinaire experte.

L’équipe du centre de la nutrition et de la chirurgie de l’obésité
 
Chirurgien, chef de service et médecin coordinateur Dr De ROOVER Arnaud
Médecin coordinateur adjoint Dr MBUYAMBA Meta Célestine
Infirmière coordinatrice COCCHIARO Sandrine
Nutritionnistes DR COLLET Nathalie
  DR PELERIN Delphine
Endocrinologue Dr GOULA Margarita
Chirurgiens Dr KOTZAMPASSAKIS Nikos
  Dr SEYDEL Benoît
Diététiciennes VANDERSPEETEN Francine
  SIMON Marie
  DAVISON Coralie
Psychologues BEAUDEAUX Laetitia
  LEBLANC Olivier
  DUTILLEUX Aurélie
Kinésithérapeute PUPIEN Laurence


 



Informations pratiques

Centre de nutrition et de la chirurgie de l’obésité, CHR Liège - site Sainte-Rosalie, rue des Wallons 72 à 4000 Liège.
Prise de rendez-vous: 04/321.81.36